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Les Millésimes (1982 à 1997)



 Consulter le tableau des millésimes des Grands Vins de Bourgogne

 

Commentaires sur les millésimes réalisés chaque année au mois de novembre (source : BIVB)


Millésime 1982


Le départ de la végétation s’est déroulée dans des conditions normales en s’accompagnant d’une importante sortie de jeunes inflorescences. Le beau temps s’est installé à partir de la mi-mai et la floraison, assez précoce, a laissé intacte la charge potentielle des raisins. Mis à part le mois d’août, frais et pluvieux, les conditions climatiques ont été très favorables. Le temps exceptionnellement chaud et ensoleillé de la première semaine de septembre a permis une vendange précoce.


Vins rouges:
Certains vins rouges ont d’ailleurs porté l’empreinte d’une vendange pléthorique, impression de dilution consécutive au manque de substance, tout en conservant cette qualité essentielle qui a fait le charme de leur jeunesse : la souplesse et le fruité. Ces vins ont donné le meilleur d’eux mêmes après quelques années de bouteille. Les vins rouges issus d’une récolte moins abondante avaient à la base suffisamment d’étoffe pour procurer un réel agrément. Avec une garde raisonnée en fût et avec l’âge, ils ont vu leur structure rehaussée et étalée avec une bonne intégration des notes boisées. Ces vins ont séduit pleinement par l’élégance de leur expression aromatique et leur texture harmonieuse.


Vins blancs:

Le Chardonnay a su renouveler le miracle de 1973 en offrant des réussites inespérées au regard de l’abondance de la récolte. Dès leur jeune âge, ces vins blancs sont apparus tendres et charmeurs et ont su le rester tout au long de leur évolution. Très floral au départ, l’arôme a évolué sur un registre plus fondu avec des évocations d’amande, de noisette, de miel, conférant à l’ensemble une rondeur éclatante. Ils ont atteint leur apogée et méritent d’être consommés à l’exception de quelques grands vins, susceptibles de réserver quelques belles surprises pendant encore quelques années.

 


 Millésime 1983


Après un démarrage tardif de la vigne, il a fallu attendre la fin du mois de mai pour voir s’installer le beau temps assurant une floraison dans de bonnes conditions. L’été, caractérisé par une sécheresse inhabituelle, a été marqué par de violents orages localisés et souvent accompagnés par de la grêle. Une période pluvieuse s’est installée à partir de la deuxième décade d’août avec pour conséquence un important développement de la pourriture. Le retour d’un temps sec et ensoleillé, à partir de la mi-septembre, a enrayé la progression du botrytis engendrant un effet de forte concentration des raisins. Les vendanges se sont effectuées dans de bonnes conditions climatiques avec des rendements normaux mais nettement inférieurs aux prévisions initiales.


Vins rouges:
L’année a fortement marqué de son empreinte les vins rouges et il faut remonter aux millésimes 1976 et 1971 pour retrouver une pareille incidence. La qualité, très hétérogène, a été étroitement liée aux caractéristiques d’une matière première délicate et difficile à traiter. Le savoir-faire a souvent constitué le facteur déterminant dans la réussite. Certains vins ont ainsi présenté des faux goûts consécutifs à la grêle et au mauvais état sanitaire du raisin. D’autres se sont dépouillés dans les premières années, virant sur le tuilé. Enfin, les vins qui semblaient promis à un grand avenir ont été, dans leur jeune âge, d’une approche difficile se condamnant ainsi à un long vieillissement. Marqués par des tanins puissants, fermes et austères, d’une sévérité renforcée par des arômes assez inhabituels de prunelle sauvage, d’épices et de goudron, ils bénéficiaient cependant d’une matière suffisante pour attendre leur assouplissement. Après quelques années de bouteille, ils ont acquis plus de civilité et l’arôme s’est anobli avec l’apparition de ces nuances de petits fruits caractéristiques du Pinot. Ces vins ont de la chair, de la structure, une longueur en bouche inhabituelle mais sont encore
susceptibles de gagner en harmonie dans les années à venir.


Vins blancs:

Les vins blancs ignorent la subtilité. Chaleureux, ils se sont imposés par leur opulence et leur gras. Marqués par le fruit sec, le confit et le miel, ils présentaient également les arômes caractéristiques d’un raisin parasité par le botrytis : cire d’abeille, écorce d’orange. Ces arômes ont contribué à rendre leur structure moins monolithique et leur ont conféré plus d’éclat et plus d’attrait. Certains méritent d’être consommés actuellement, d’autres sont encore susceptibles d’être conservés. Quel que soit leur devenir, ils sauront toujours susciter la curiosité par leur côté un peu insolite.

 


 Millésime 1984


La vigne a subi cette année là le caprice d’un climat assez contrasté. Des conditions peu favorables ont provoqué un départ de la végétation et une floraison tardifs. La charge potentielle des raisins s’est trouvée affectée par de la coulure et du millerandage. Juillet-août, période avec un bon ensoleillement mais sans chaleur excessive, a été marquéepar de violents orages de grêle dans des secteurs localisés. Le mois de septembre a été peu favorable au processus de la maturation par suite d’une forte déficience dans l’ensoleillement et d’une pluviométrie assez importante. Cette pluie a d’ailleurs favorisé l’apparition de foyers de pourriture dont le développement a été gêné par suite de températures relativement basses. Les vendanges ont débuté à une date tardive, la plus tardive après 1980.


Vins rouges:
Moyennement colorés et peu marqués par la tonalité pourpre dans leur jeune âge, les vins rouges présentaient également un léger manque de substance et de longueur en bouche. Malgré une finale un peu amère, due à un tanin pas très mûr, ils se sont affirmés par leur élégance et leur acidité fraîche. Les nuances de petits fruits à noyau se sont exprimées avec une grande pureté. Avec l’âge, leur structure s’est un peu rehaussée et l’arôme a évolué sur un registre plus complexe où le fruit s’est allié à des évocations végétales et animales discrètes.Toutefois, leur manque d’ampleur et de prolongement en bouche les ont destinés, pour la grande majorité, à être consommés rapidement.


Vins blancs:

Les vins blancs portaient également l’empreinte d’une vendange manquant de maturité. Très floraux, ils se sont caractérisés par une certaine vivacité renforcée par une rémanence plus ou moins herbacée. Avec l’élevage en fûts, ils ont légèrement gagné en gras et l’arôme s’est diversifié sur le fruit sec, le végétal, associé quelquefois à une légère évocation de truffe blanche. Ils ont séduit dans leur jeunesse par leur relative fraîcheur aromatique mais, comme les rouges, ils ont gagné à être consommés rapidement.

 


 Millésime 1985


Pour la vigne, l’année s’est mieux achevée qu’elle n’a débuté. En effet, en janvier, une vague de froid d’une rare intensité a causé des dégâts plus ou moins importants suivant les situations. En juillet-août, période sèche et bien ensoleillée, la grêle a frappé le vignoble sur des périmètres limités. Le mois de septembre a été une fois de plus décisif pour la qualité. Un temps très ensoleillé et très sec s’est maintenu jusqu’à la fin octobre permettant la cueillette, à une date normale, d’une vendange d’une parfaite maturité et d’une excellente qualité sanitaire, sans doute la meilleure depuis le début de la décennie.


Vins rouges:
1985 a produit des vins rouges remarquables par leur concentration et leur harmonie même si certains ont éprouvé des difficultés pour se hisser au niveau de la réputation du millésime. D’un pourpre éclatant, la plupart des vins se sont affirmés dans leur jeune âge par un arôme tout en profondeur marqué par l’alternance de la mûre et du cassis. En bouche, ils sont apparus charnus, ronds et d’une bonne ampleur. Un petit reproche toutefois : celui d’un léger manque de charpente par suite d’un tanin fin et doux. Avec la garde en fût, leur structure s’est rehaussée et étalée avec une belle intégration des nuances boisées. Certains, par leur velouté et ces fines évocations de musc et de fourrure noble, semblent proches de leur apogée, les autres méritent encore d’être attendus 4 à 5 années avant d’atteindre leur plénitude.


Vins blancs:

Plus en retrait, les vins blancs se sont exprimés avec parcimonie nécessitant quelques années de patience avant de révéler leur identité. Ces vins ont su solliciter l’admiration, sans s’imposer, et ont ignoré la démesure. Ils représentaient un modèle de classicisme. Ils ont séduit par leur arôme très aérien et diversifié où les senteurs de fleurs, de miel, d’écorce d’agrumes et de fruits secs s’exprimaient avec netteté. En bouche, un moelleux sans excès et une acidité juste nécessaire ont conféré à l’ensemble beaucoup d’élégance. Certains satisfont pleinement à l’heure actuelle, d’autres laissent deviner une trame extensible leur assurant encore un bel avenir.

 


 Millésime 1986


Par suite de conditions peu favorables, le débourrement est intervenu tardivement mais s’accompagnant toutefois d’une belle sortie de jeunes inflorescences. De juin à la mi-août, le beau temps a permis à la vigne de combler son retard et la floraison s’est effectué dans d’excellentes conditions laissant entrevoir une récolte assez importante. Les fortes pluies de la mi-septembre ont été propices au développement de la pourriture, freinée par l’arrivée d’un temps ensoleillé et frais. Grâce à ce beau temps, la récolte s’est engagée à une date normale et dans de bonnes conditions.


Vins rouges:
Pour les vins rouges, 1986 a été marquée par une récolte abondante et d’un état sanitaire assez aléatoire. Une certaine supériorité s’est néanmoins dégagée pour les vins de la Côte de Nuits qui ont bénéficié d’une vendange de meilleure qualité. Le savoir-faire a encore constitué le facteur déterminant dans la réussite et ceux qui ont su trier la vendange et concentrer la matière ont souvent été récompensés par la qualité des vins obtenus. Les vins les moins réussis ont sensiblement manqué de substance mettant à nu des tanins à la fois secs et verts et un arôme pas toujours très net ni élégant. Ils ont été sujets à une évolution rapide. Avec le temps, ces vins ont gagné en harmonie mais se caractérisaient souvent par une expression qui manquait à la fois d’éclat et de relief en les condamnant à une consommation immédiate. Les plus réussis étaient dignes de côtoyer les vins de 1985. Ils n’ont pas leur gras, sont d’un style différent mais étonnent par leur relative fraîcheur, en accord avec une couleur qui a su conserver la tonalité rubis. D’une charpente affirmée, ils ont suffisamment de matière pour permettre à leurs tanins un peu austères de s’assouplir dans les 3-4 années à venir.


Vins blancs:
Les vins blancs constituent une grande réussite. D’un meilleur état sanitaire, la vendange est en effet arrivée à bonne maturité par suite d’une moindre abondance. Ces vins étonnent actuellement par leur bel épanouissement et leur remarquable richesse aromatique marquée par une dominante d’amande grillée sur un fond de miel avec une amorce d’ambre, quelquefois ventilée par des notes fraîches de menthe et de verveine. En bouche apparaît une structure d’un beau niveau d’intensité ample avec un bon prolongement et une finale qui s’estompe souvent sur un rappel d’amande grillée. Ils sont d’une expression qui les suggère proches de l’apogée, avec cette certitude qu’ils sauront encore satisfaire pleinement dans les 4-5 années à venir.

 

 
 Millésime 1987


Après un départ rapide, la végétation s’est retrouvée quasiment bloquée par le retour d’un temps froid en mai. Des conditions peu favorables en juin ont sensiblement perturbé la floraison avec des manifestations de coulure et de millerandage surtout sensibles sur le Pinot. Le manque d’ensoleillement qui a suivi a été compensé par l’arrivée d’un beau temps estival sur presque tout le mois de septembre. Ce temps a permis à la vigne de combler partiellement son retard et à la maturation de s’effectuer dans d’assez bonnes conditions.


Vins rouges:
Pour les vins rouges, 1987 peut être considéré comme un millésime d’une qualité satisfaisante et assez homogène. Ils étaient en effet issus d’une vendange d’un bon état sanitaire dont le léger manque de maturité a été compensé par des rendements sensiblement inférieurs à ceux de 1986. D’une belle couleur, ces vins ont révélé leur arôme avec une grande distinction. D’un gras et d’une ampleur mesurés, ils présentaient également la marque d’un tanin assez doux. Actuellement, ils sont encore d’une expression relativement jeune et le fruit se trouve très peu interféré par les évocations végétales et animales. Pour la plupart, ils ont acquis une structure qui suggère une certaine élégance et les destine à une consommation proche. Les autres, d’une concentration plus substantielle, gagneront en harmonie et en complexité dans les années à venir.


Vins blancs:
Pour les vins blancs, de belles réussites ont été recensées dans le Chablisien qui a bénéficié de conditions climatiques très favorables en fin de maturation. Partout ailleurs, la qualité a été moyenne et les vins ont porté l’empreinte d’une vendange assez abondante et manquant de maturité. Dans un premier temps, ces vins ont séduit par leur fraîcheur et leur finessearomatique tout en étant moins marqués par cette rémanence herbacée qui a caractérisé le millésime 1984 dans sa jeunesse. Ils ont toutefois eu du mal à dissimuler leur minceur consécutive à un manque de gras. Au cours de leur élevage et de leur garde en bouteilles, ils ont légèrement gagné en ampleur et en complexité. Ces vins blancs de 1987 ont apporté satisfaction mais sont à l’heure actuelle arrivés, pour la majorité d’entre eux, à terme. Il n’y a guère qu’au niveau des premiers et des grands crus que l’on trouve encore des vins susceptibles de voir repousser leur échéance de quelques années.

 


 Millésime 1988


Les conditions climatiques ont été très favorables à un déroulement régulier du cycle végétatif de la vigne.Les fortes chutes de pluie du début juillet et quelques orages de grêle localisés sur certainssecteurs ont permis ainsi à la vigne de ne pas souffrir de la sécheresse qui s’est établie ensuite jusqu’à la fin septembre. La vendange a débuté avec une avance de quelques jours par rapport à la moyenne.


Vins rouges:
Il s’agit d’un très bon millésime pour les vins rouges qui étaient issus d’une récolte normale d’un parfait état sanitaire, avec des raisins à peau épaisse et à faible rendement en jus ; l’idéal pour assurer une bonne concentration de la matière. Ils n’ont pas le gras ni l’ampleur des vins de 1985 et à l’harmonie de ces derniers opposent une certaine vigueur. D’une couleur profonde, ils sont marqués par des tanins assez austères dont la sévérité se trouve renforcée par des évocations d’écorce et mousse de chêne, prunelle, épices et cuir. Ces nuances sont venues relayer les petits fruits noirs qui caractérisaient l’arôme de leur jeunesse. Les vins vont encore gagner en harmonie dans les 3-4 années à venir et sont assurés d’une belle garde.


Vins blancs:
Le Chardonnay, par suite d’un rendement supérieur à la normale, a légèrement souffert de l’été relativement sec et sa maturation a été plus laborieuse et plus difficile. D’une trame serrée qui a restreint leur ampleur, les vins blancs s’identifient par une structure à la fois fraîche et élancée. Ils ont eu, en bouteilles, un comportement similaire à ceux de 1978 et sont restés longtemps bloqués dans leur évolution. Peu marqué par le fruit sec, leur arôme s’étale désormais sur un registre à dominantes végétale et florale : menthe, verveine, tilleul... Ils commencent depuis peu à s’ouvrir mais demandent encore 3-4 années avant d’atteindre leur plein épanouissement. Ces vins ont su éprouver notre patience en décevant certainement ceux qui les ont bus prématurément. Ils sauront toutefois se faire pardonner pour le peu de plaisir qu’ils ont su engendrer dans leur jeune âge.

 


 Millésime 1989


Un mois de mars relativement chaud a assuré un démarrage rapide de la vigne qui a subi -
cependant sans graves conséquences - les gelées de fin avril. Les conditions climatiques très favorables qui ont suivi ont permis à la vigne de maintenir son avance et d’effectuer une floraison dans de très bonnes conditions. Bénéficiant d’un ensoleillement exceptionnel, la vigne n’a pas souffert de la sécheresse de l’été grâce aux orages de la mi-juillet. Les vendanges se sont effectuées à une date précoce avec un bon état sanitaire.


Vins rouges:
Les rendements, pas toujours parfaitement maîtrisés, ont engendré une certaine diversité dans la qualité des vins rouges mais dans l’ensemble, 1989 constitue un bon millésime. Dans leur jeune âge, ces vins ont étonné par une expression aromatique où le Pinot Noir a étalé, avec une grande pureté, tout le registre des petits fruits rouges. D’un bon niveau d’intensité, ils s’identifient aujourd’hui par leurs tanins très doux et charment par leur élégance et leur tendresse. Ceux qui ont bien su intégrer les nuances boisées consécutives à leur élevage en fût ont déjà acquis cette suavité que leur confère l’amorce discrète de musc, associée aux évocations de petits fruits à noyau et d’alcool de fruit. Certains vins procurent déjà un réel plaisir. Ceux qui bénéficient d’une structure plus affirmée gagneront en harmonie dans les 2-3 années à venir.


Vins blancs:
Le Chardonnay a bénéficié d’une maturation exceptionnelle donnant des vins blancs généreux et d’une grande ampleur. Tous ne doivent cependant pas être considérés comme des vins d’excellence. Certains présentent une rondeur opulente, manquant souvent de ressort par suite d’une acidité déficiente et cette impression de lourdeur se trouve renforcée par un arôme à dominante de pâte d’amande, de noisette, de confit et de coing. Ils méritent d’être consommés actuellement. D’autres, d’un volume moins imposant, laissent deviner tout leur potentiel et leur complexité. Ils ont su conserver une acidité suffisante pour concilier puissance et élégance. Aux évocations de miel et de fruits secs, ils ont su associer des senteurs florales et végétales conférant à leur expression aromatique plus d’éclat et plus de fraîcheur. Ils sont assurés d’un meilleur avenir.

 

 Millésime 1990


Après un débourrement précoce, le temps frais et instable de juin a conduit à une floraison très étalée engendrant dans certains secteurs, particulièrement sur le Pinot Noir, voir la coulure et le millerandage. La sécheresse de l’été a ralenti la végétation. Les pluies de la fin août ont eu pour conséquence d’accélérer la maturation. Le raisin a été ainsi cueilli à une date assez précoce et dans un bon état sanitaire.


Vins blancs:
D’une récolte relativement abondante, le Chardonnay s’est offert des réussites remarquables à
Chablis où il a bénéficié d’une parfaire maturité. Ailleurs, la maturation a été plus laborieuse mais, dans l’ensemble, les vins blancs produits sont d’une qualité très satisfaisante. Il n’ont ni le gras, ni l’ampleur de ceux du millésime précédent et, à la générosité et l’amabilité de ces derniers, savent opposer leur élégance et leur parfait équilibre. D’une belle expression aromatique, ils ont su intégrer à leur registre des notes florales et végétales d’une grande distinction. Ils sont d’une constitution où le moelleux apparaît sur un bon niveau d’intensité avec un support acide qui leur confère une finale fraîche et leur assure un bon vieillissement.


Vins rouges:
Malgré des rendements assez confortables, le Pinot a produit des vins rouges d’une qualité exceptionnelle. Il faut revenir loin en arrière pour retrouver de pareilles réussites et des vins qui constituent un édifice aussi majestueux. Ils ont su s’élever à un très haut niveau, le tout s’exprimant avec un équilibre remarquable. D’un pourpre profond, ils présentent un arôme d’une belle complexité à dominante de petits fruits noirs. Par leur ampleur et leur prolongement en bouche, ils savent révéler leur étonnante concentration avec une charpente digne de leur corpulence. Leur potentiel les destine à une longue vie avec cette rare vertu, que leur confie leur parfait équilibre, de pouvoir satisfaire pleinement ceux qui ne sauront attendre leur apogée.

 

 Millésime 1991


Après un départ rapide, la végétation s’est trouvée quasiment bloquée par le retour du temps froid. Accompagné de chutes de neige et de fortes gelées, celui-ci a occasionné des dégâts plus ou moins importants selon les secteurs. Des conditions peu favorables en juin ont perturbé la floraison qui s’est trouvée retardée etétalée avec des manifestations localisées de coulure et de millerandage. Juillet et août ont été marqués par une période sèche et ensoleillée avec quelques orages et surtout de la grêle qui a frappé le vignoble sur des périmètres limités. Le temps chaud et ensoleillé qui a caractérisé les trois premières semaines de septembre a permis à la vigne de combler partiellement son retard, et à la maturation de s’effectuer dans d’assez bonnes conditions. La cueillette a été effectuée à une date relativement tardive, légèrement perturbée par les pluies de fin septembre. Les raisins étaient d’un état sanitaire satisfaisant. Le volume de récolte était légèrement inférieur à la normale.


Vins rouges:
Passés sous silence, presque ignorés, les vins rouges n’ont pas bénéficié d’un engouement particulier dans leur prime jeunesse. Issus de vendange d’une maturité moins profonde et plus hétérogène que 1990, la qualité a été cependant sauvegardée grâce à une production nettement moindre, avec un millerandage plus ou moins important suivant les secteurs. Ces vins rouges ont la marque d’une certaine sévérité qui les rend moins complaisants que ceux des millésimes précédents qui, d’emblée, savaient séduire par l’intensité et la profondeur de leur texture et de leur bel équilibre. D’une bonne intensité colorante, certains étonnent par leur tonalité encore jeune qui a su rester sur le pourpre. Le nez très diversifié s’étale sur un registre en accord avec leur structure très affirmée. Une dominante de petits fruits sauvages (prunelle), d’épices discrets souvent associés à des évocations animales de cuir et de gibier. Ils ont suffisamment de matière pour permettre à leurs tanins souvent encore fermes et austères de s’assouplir. Un millésime de garde et incontestablement un bon millésime qui gagnera en harmonie d’ici 3 à 4 ans.


Vins blancs:
A l’égal des vins rouges, les vins blancs n’ont pas engendré un enthousiasme particulier dans
leur jeune âge. Il y avait certes des vins qui, au départ, apparaissaient dilués avec un manque  évident de matière. Avec la garde en fût et en bouteilles, ils ont gagné en ampleur et en complexité. D’autres, d’une texture plus dense, manquaient sensiblement de fraîcheur. Ils méritent d’être consommés sans tarder. Quant aux plus réussis, ce sont sans contexte de bons vins. Moins gras et d’une trame plus serrée que les 1990, ils affirment actuellement leur identité et expriment pleinement tout leur potentiel de qualité. Ils sont souvent d’une tonalité or vert qui s’allie merveilleusement à leur expression aromatique d’une grande distinction. Ils possèdent un fond discret de fruit sec et de miel qui sait exalter avec beaucoup d’éclat des notes fraîches d’agrumes (menthe, tilleul, citron). La bouche est en harmonie avec le nez. D’une attaque nette et fraîche, elle est d’une ampleur mesurée. Une acidité bien intégrée à un moelleux sans excès confère à l’ensemble une structure élégante avec une finale fraîche. Des vins qui sauront se maintenir à leur niveau durant les 2 à 3 années à venir.

 

 Millésime 1992


Une année qui a particulièrement privilégié la Bourgogne par rapport aux autres régions. Le départ de végétation s’est effectué dans d’excellentes conditions, accompagné par une belle sortie de jeunes inflorescences. Le temps très doux qui a suivi a engendré la floraison avec une précocité exceptionnelle. Légèrement perturbée par quelques pluies, elle a donné lieu à des manifestations de coulure et de millerandage sur certains secteurs. Les précipitations de juin et de début juillet ont permis à la vigne de profiter pleinement du temps chaud et ensoleillé du mois d’août en favorisant un rapide démarrage de la maturation.
La récolte a été très précoce (la plus précoce après 1976). Elle s’est effectuée dans d’excellentes conditions, bénéficiant de températures estivales au mois de septembre. D’une bonne maturité et d’un excellent état sanitaire, elle était d’un volume nettement supérieur à la normale.


Vins rouges:
Pour les vins rouges, des rendements pas toujours parfaitement maîtrisés ont engendré une certaine diversité dans le niveau d’intensité dont la qualité de l’ensemble se situe entre l’assez bon et le bon. Malgré cette hétérogénéité, ils s’identifient par leurs tanins très doux et font l’unanimité quant au plaisir qu’ils savent engendrer par leur élégance et leur tendresse. Moins charpentés et moins concentrés que les 1991, ils sont également d’une couleur un peu moins intense avec une tonalité qui transite entre le pourpre et le rubis. L’arôme s’exprime avec une grande pureté sur la gamme des petits fruits rouges, tantôt enrichi par des évocations fines de fleurs suaves ou d’animalerie noble : musc, fourrure. Ceux qui ont manqué légèrement de substance et de relief ont vu, avec une garde raisonnée en fût, leur structure rehaussée et étalée avec une bonne intégration des notes boisées. Ils séduisent pleinement actuellement.
Les vins rouges issus d’une récolte moins abondante sont d’une concentration plus substantielle, avec des tanins un peu plus affirmés. Ils gagneront en harmonie et en complexité dans les années à venir.


Vins blancs:
Légèrement plus précoce que le Pinot, le Chardonnay a bénéficié d’une maturité exceptionnelle. Malgré l’abondance de la récolte, les vins blancs produits sont d’une très grande réussite et d’une qualité assez homogène. Dès leur jeune âge, ils ont su révéler tout leur potentiel de qualité. D’une tonalité jaune un peu plus affirmée que les 1991, ils sont d’une remarquable expression aromatique. Une dominante de miel et de fruit sec, souvent ventilée par des évocations fines de végétal noble (foin, tabac blond), est enrichie par des nuances boisées bien intégrées : vanille, praline grillée. En bouche, ils sont d’une belle richesse de constitution. Denses et tendres, ils ont une belle longueur et une bonne persistance avec une finale qui s’estompe souvent sur un rappeld’amande. Ils laissent deviner une trame extensible, leur assurant encore un bel avenir. Certains, par leur relatif manque d’acidité, méritent d’être consommés dans un avenir assez
proche.

 

 Millésime 1993


Le printemps a été favorable à un démarrage régulier de la végétation. La floraison, assez précoce, s’est déroulée sur une assez courte période avec cependant quelques manifestations de millerandage. Le début de l’été a été caractérisé par de fortes précipitations orageuses parfois accompagnées de grêle, occasionnant localement des dégâts plus ou moins importants. A la mi-juillet, les conditions climatiques sont redevenues favorables avec un mois d’août très ensoleillé et particulièrement chaud. La pluie de début septembre a permis d’accélérer le processus de la maturation et de vendanger à une date relativement précoce. Mais la cueillette a été assez perturbée par une alternance de journées ensoleillées et de journées pluvieuses qui, dans certains secteurs, ont ralenti la phase terminale de la maturation. La récolte a été d’une maturité et d’un état sanitaire satisfaisants avec un volume sensiblement identique à la normale.


Vins rouges:
Pour les vins rouges, la date de la cueillette a été déterminante dans la réussite de ce millésime, dont la qualité dans l’ensemble se situe entre le bon et le très bon. D’une couleur profonde et pourpre, ils ont un arôme qui s’étale sur le petit fruit noir (cassis, cerise burlat) et s’allie merveilleusement bien aux notes boisées lorsqu’elles savent évoquer la torréfaction ou le grillé. La bouche est en harmonie avec le nez. Belle concentration avec des tanins présents mais bien enrobés. D’une belle ampleur et d’une belle longueur, ils ont un potentiel qui les destine à un bel avenir. Les plus réussis constituent une belle réplique des 1990. D’une charpente plus affirmée, moins massifs, ils ont une structure qui sait mieux révéler toute la distinction du Pinot. Mais il y a des exceptions et tous n’ont pas ce niveau qualitatif qui a fait la réputation de ce millésime. Certains manquent légèrement de concentration, ce qui les destine à une évolution plus ou moins rapide, mais ils séduisent actuellement par leur élégance. D’autres ont un manque de gras qui laisse à nu des tanins à la fois fermes et durs qui les condamnent à rester austères. Une certaine hétérogénéité qui invite à les juger sur place, verre en main.


Vins blancs:
Les vins blancs portent l’empreinte d’une vendange qui a manqué légèrement de maturité. Ils sont d’une qualité entre le moyen et l’assez bon, avec quelques belles réussites au niveau des premiers et des grands crus. Au départ, ils séduisent par leur expression aromatique à dominante florale, souvent rehaussée par des notes fraîches citronnées et mentholées. En bouche, ils sont d’une attaque assez vive, avec un moelleux en retrait et une finale un peu sévère.

 

 Millésime 1994


Le printemps a été favorable à un démarrage rapide et harmonieux de la végétation. A la miavril, une gelée localisée a occasionné des dégâts assez importants sur quelques secteurs. L’été, à la fois ensoleillé et chaud, avec quelques pluies intermittentes, a permis à la vigne de maintenir son avance. Tout semblait réuni pour un millésime exceptionnel si la pluie des deux premières décades de septembre n’était pas venue contrarier la fin de la maturation et le début des vendanges. La récolte a été assez précoce, moyenne en quantité, d’une maturité satisfaisante mais d’un état sanitaire aléatoire.


Vins rouges:
Pour les vins rouges, l’état sanitaire de la vendange et le savoir-faire ont été déterminants dans la réussite de ce millésime dont la qualité d’ensemble se situe entre l’assez bon et le bon. Avec des raisins de maturité sensiblement identique à 1992 mais plus hétérogènes, les vins s’expriment, dans la majorité des cas, avec plus de concentration par suite de rendements sensiblement moindres. Les meilleurs étonnent par l’intensité de leur robe, en accord avec des évocations de petits fruits noirs qui souvent annoncent une texture assez dense etremarquablement structurée. Ils sont assurés d’un bel avenir. Les autres, d’une couleur moins profonde, ont une tonalité qui transite entre le pourpre et le rubis. Ils séduisent par la finesse de leur expression aromatique qui s’étale sur une dominante de petits fruits à noyau et de fruits macérés. En bouche, ils sont d’une texture élégante avec des tanins à la fois doux et très enveloppés. Quant à ceux, trop affectés par l’état sanitaire du raisin, ou qui apparaissaient un peu délavés dans leur jeune âge, leur arôme s’exprime davantage sur le fruit sec et le végétal. Avec la garde en fût, ils ont eu leur structure rehaussée et ont gagné en expression et en identité. Ils sont cependant destinés à une consommation assez rapide.


Vins blancs:
Pour les vins blancs, une plus grande réussite avec une hétérogénéité un peu moindre et une qualité d’ensemble qui se situe dans le bon. Des vins qui s’expriment avec spontanéité et amabilité. Sur un fond de miel, l’arôme se révèle avec une belle intensité. Plus fruité que floral, il se diversifie sur la poire, l’abricot et le fruit exotique, souvent associé à la pâte d’amande. En bouche, ils sont d’une belle ampleur et d’une bonne longueur avec un moelleux souvent mis en relief par une acidité discrète. Ceux issus de raisins botrytisés voient leur gras renforcé et rehaussé par des évocations d’écorces d’agrumes et de cire d'abeille. Des vins qui sauront satisfaire pleinement durant les années à venir.
Mais il y a également des exceptions et tous les vins du millésime n’atteignent pas ce niveau qualitatif. Certains portent la marque d’une vendange manquant de maturité. Pour ces vins, la bouche se trouve souvent en rupture avec le nez. Ils se caractérisent par un manque de longueur et de persistance avec une finale qui s’estompe sur une impression plus ou moins herbacée.

 

 Millésime 1995


Malgré un retard dans la végétation par rapport aux millésimes précédents, l’année 1995 se situe parmi les années les plus précoces de ces vingt dernières années. Le printemps froid a été suivi d’une période estivale chaude. Les pluies du début de septembre laissaient présager un développement de la pourriture. Heureusement, la fraîcheur des nuits a stoppé l’attaque. Abondante, la récolte a été néanmoins inférieure aux prévisions du fait d’un millerandage parfois important dans les secteurs les plus précoces. Ce millésime présente dans l’ensemble une bonne homogénéité qualitative tant en blanc qu’en rouge.


Vins rouges:
D’une couleur profonde et intense, les vins rouges sont fruités, bien équilibrés avec des tanins ronds et fondus.


Vins blancs:
Les vins blancs, riches en sucre naturel et dotés d’une bonne acidité, seront aptes au vieillissement. Frais et fruités, ils possèdent un équilibre remarquable.

 

 Millésime 1996


Ce millésime, d’une grande qualité, se caractérise aussi par une récolte plus abondante que la moyenne des dernières années. Grâce à un climat sec et chaud, la floraison s’est effectuée rapidement début juin. L’été contrasté a fait naître quelques craintes pour l’évolution de la maturation. Heureusement, un mois de septembre exceptionnellement sec et lumineux a permis des vendanges précoces et ensoleillées. Les raisins rouges et les raisins blancs, d’un état sanitaire parfait, n’ont nécessité pratiquement aucun tri. De belle constitution, avec des peaux épaisses et colorées, ces raisins avaient une richesse en sucre élevée et un très bon niveau d’acidité.


Vins rouges:
Les vins rouges possèdent une belle robe soutenue. Leur nez est concentré et très fruité. En bouche, les vins sont bien structurés avec des tanins fins. Leur fruit et leur équilibre les rendent déjà très harmonieux.


Vins blancs:
Les vins blancs se distinguent par des arômes bien développés. Ils sont amples et élégants avec une bonne acidité qui leur confère beaucoup de fraîcheur.

 

 Millésime 1997


Les conditions climatiques exceptionnelles et durables de l’été ont donné naissance, en Bourgogne, à de beaux raisins et à une récolte précoce et de qualité. Après les grands froids de l’hiver, la vigne a réagi très rapidement aux premiers soleils et aux températures clémentes du début du mois de mars. L’éclosion des bourgeons a été très précoce, en avance de plus de quinze jours par rapport à 1996. Les gelées de printemps n’ont touché que les parcelles les plus exposées. Le mois de mai, chaud et sec, a favorisé une évolution rapide de la végétation. La floraison a commencé dès la fin du mois de mai, confirmant la précocité du millésime. Les températures plus fraîches du mois de juin ont ralenti la fin de la fleur et provoqué un millerandage quelquefois important dans certaines parcelles. L’avance végétative a été freinée par un début d’été maussade. Les attaques de maladies ont été limitées. Les pluies orageuses de fin août–début septembre n’ont pas eu d’incidences notables sur le début de la maturation. Elles ont été suivies par un temps exceptionnellement ensoleillé et sec pendant toute la durée des vendanges. Les fraîcheurs nocturnes ont été bénéfiques au maintien d’un excellent état sanitaire. Des conditions climatiques idéales et la parfaite qualité des raisins ont permis à beaucoup de producteurs d’attendre la maturité optimum. Dans l’ensemble des vignobles, le Pinot Noir a mûri plus rapidement que le Chardonnay. La maturité des raisins s’est révélée néanmoins contrastée selon les situations. Les sucres ont atteint des teneurs élevées, voire exceptionnelles dans certaines parcelles. Les premiers raisins ont été récoltés dès le 1er septembre pour l’appellation Crémant de Bourgogne et à partir du 6 septembre pour les vins tranquilles. Le volume de récolte, inférieur à 1996, se situe dans la moyenne des cinq dernières années.Les vinifications ont demandé un suivi très attentif, en particulier dans la maîtrise des températures pendant la fermentation alcoolique.


Vins rouges:
Les vins blancs sont remarquables par leur richesse et leur équilibre. Amples, élégants et racés, ils sont prometteurs d’une grand millésime.


Vins blancs:
Les vins rouges présentent tous une robe de belle intensité. Leur nez se caractérise par des arômes de fruits bien mûrs. Souples et charnus en bouche, ils sont déjà agréables. Leur personnalité devrait s’affirmer avec l’âge.


Source : BIVB